Les Carabiniers de Billy-Montigny ont plus d'un siècle d'existence. Fondée un 17 novembre 1883 cette association fait partie des doyennes du sport français, avec Le Havre AC, le Racing Club de France et le Stade Français.
Des 63 amateurs de tir qui lui ont donné naissance du fin fond d'un café de la ville, les Carabiniers compteront dans leurs rangs plus de 3000 licenciés dans les années 50, soit plus du tiers de la population Billysienne. Pendant des décennies, la majorité de ces licenciés ont été des mineurs de fond, des employés des fosses environnantes. La société des « CBM » a été présidée par une succession de cadres appartenant aux Mines de Courrières. En l'hommage à l'un de ses plus fervents présidents, le stade des Mines de Billy-Montigny sera rebaptisé stade Paul GUERRE en1931.
Le Handball, né en Allemagne vers 1919, a fait son apparition en France vers 1932, en Alsace plus précisément. Une première Fédération aurait été créée à Metz en octobre 1935, puis une autre à Paris en 1937. Mais c'est seulement le 21 septembre 1941, que par décret officiel, la Fédération Française de Handball était juridiquement reconnue.
1942 : début de la légende
Pour répondre aux sollicitations de cette jeune Fédération, une section pratiquant ce sport fut créée à Billy-Montigny, en 1942 au sein de la société des Carabiniers avec, pour ossature, des membres de la section d'athlétisme de l'époque.
A ses origines, le « Hand » se pratiquait à onze joueurs, sur un terrain de football.
Deux ans plus tard, en 1944, l'équipe de Billy-Montigny était déjà couronnée championne du Pas-de-Calais et participait l'année suivante à des matchs en championnat de France de la « zone Nord », contre l'E.S. Mézières et l'A.S. Police de Paris.
Les défaites enregistrées étaient rapidement oubliées au bénéfice de nouveaux titres régionaux.
Les Carabiniers gagneront plusieurs fois les championnats départementaux et régionaux, mais les victoires engrangées en Championnat de France et Coupe de France donnaient une dimension nationale au club. Les adversaires de l'époque étaient les clubs de Mézières, Sotteville, Vernon, Villemonble, Amiens, Billancourt, le Racing Club de France. Billy-Montigny devenait progressivement un haut lieu du sport Français.
En 1950, le Handball à sept faisait son apparition. Les Carabiniers s'y mettaient et remportaient quelques tournois.
En 1952, l'équipe première composée entre autre des frères Radajewski (César et Stanis), faisait parler la poudre. Le Club se qualifiait pour les demi- finales du Championnat de France et les 16ièmes de finale de la Coupe de France.
L'année suivante, en match de « démonstration », Billy-Montigny battait le champion de Belgique, le Welta de Malines sur le score de 12 à 5.
Toujours en 1953, la route du titre suprême s'arrêtait en 16ième de finale contre Villemonble Sport, futur champion de France.
Tout le monde pensait que 1954 serait la bonne année : après avoir éliminé le Racing Club de France, Asnières Sport, Livry Gargan, Billy-Montigny échouait en demi finale de la Coupe de France, contre l'A.S. Police de Paris, vainqueur du titre cette même année.
En 1954, l'équipe fanion de la section de Handball des CBM se classait parmi les 16 meilleures équipes de France et était appelée à évoluer dans la nouvelle division Nationale. L'année suivante, en match amical, Billy-Montigny donnait la réplique à l'équipe Nationale de Belgique : la défaite de 5 buts faisait néanmoins figure d'exploit.
En 1959, La fédération Française de Handball décidait de supprimer le jeu à onze. Les Billysiens gardaient cependant leur place au niveau national pour disputer le championnat à sept joueurs.
Cette même année, de jeunes talents venaient renforcer l'équipe première : Francis Decarnin (international A de 1960 à 1961), André Nita (International A de 1966 à 1967), Jean Nita et Joseph RADAJEWSKI, le plus jeune des 3 frères.
Le titre officieux de champion d'automne était attribué à l'équipe fanion, qui ne termina « que » 3ème à l'issue du championnat national.
A cette même époque, le club récoltait également des titres régionaux et départementaux avec son équipe B et ses équipes de jeunes.
Les années se succédaient et les Carabiniers continuaient à défendre fièrement leurs couleurs au niveau national et régional.
Les difficultés liées aux nombreux et longs déplacements générés par le championnat de France amenèrent des problèmes de présence au sein de l'équipe fanion. Les résultats allaient s'en ressentir. En 1965, Billy descendait en division d'Excellence. Mais deux ans après, le Club retrouvait l'élite et la division nationale.
En 1969, La Fédération Française de Hand-ball innova avec le double arbitrage (mode d'arbitrage actuel) : Billy-Montigny – Le P.U.C (Paris Université Club) servit de match test.
70, l'année du renouveau
Cette décennie commençait pourtant mal. Les Houillères du Bassin Minier du Nord-Pas de Calais abandonnaient la gestion directe de la société des Carabiniers de Billy-Montigny obligeant les responsables des différentes sections à penser à une restructuration.
La commune de Billy-Montigny prenait le relais en portant du mieux possible la société des Carabiniers. Aujourd'hui encore, la municipalité est le premier partenaire de la section de Handball. Son investissement, son soutien ont permis au club de se maintenir à un échelon national.
Les restructurations nécessaires auront également permis à Billy- Montigny de mieux se préparer pour de nouveaux défis. Même si les résultats de 1970 et 1971 étaient honorables, c'est lors du championnat de 1972-1973 que se concrétisèrent tous les efforts du club.
Les CBM gagnaient match sur match. La salle Paul Eluart devenait un véritable bastion. Le nom des Carabiniers était colporté à travers toute la France tant les performances de l'équipe première étaient brillantes.
Plus de mille spectateurs à chaque match. Des supporters venant en car, du Nord et de Picardie, pour voir évoluer dans l'arène, l'une des plus belles équipes du Championnat National et ses joueurs « made in Ch'ti ».
La rencontre des demi-finales du championnat de France de N1 contre Dijon se joua à guichets fermés. Billy s'inclinait mais avait gagné une dimension nationale et sa place parmi les quatre meilleurs clubs français.
Les Nita, Decarnin, Klima et Radajewski ont véritablement transformé leur salle en un chaudron brûlant, tel celui de l'AS St Etienne, à la même époque. « A Billy, on ressentait encore plus la culture de cette région. On était dans le dur du pays Ch'ti. En novembre, on avait l'impression d'arriver sur la Lune. Même dans la salle, on se sentait au fond de la mine… c'était vraiment le club des gueules noires » commente Daniel Constantini, ancien joueur du SMUC et ancien sélectionneur national de 1985 à 2001.
La saison 1973-1974 était tout aussi brillante. Billy se hissait également jusqu'en demi-finale mais était battu par Paris, futur champion de France. Cette deuxième défaite de rang affecta le groupe. Beaucoup de joueurs émigreront vers d'autres cieux. Les Carabiniers défendront fièrement leurs couleurs mais ne pourront empêcher en 1976 la descente de l'équipe première en nationale 2.
Le club devait une nouvelle fois se reconstruire. Les priorités étaient plus que jamais la formation, l'encadrement et l'intégration des jeunes.
En 1979 et 1980, les CBM manqueront de peu la remontée en N1. Malgré de bons résultats l'année suivante, les désillusions de la montée impacteront le groupe. De nombreux joueurs s'exileront à nouveau.
1983, la société des Carabiniers de Billy-Montigny fête son centenaire
Après une saison difficile marquée par le spectre de la descente, les CBM joueront l'année suivante le haut de tableau et accrocheront les barrages synonymes de montée en N1. Mais les Artésiens tomberont aux pieds des remparts de Carcassonne contre la formation de Trèbes.
En 1986, les dirigeants décident d'étoffer leur effectif en intégrant des joueurs d'expérience. Deux recrues zaïroises arrivent au club. Ce petit plus permettra aux CBM de jouer le haut de tableau pendant plusieurs saisons mais la montée n'était jamais au rendez-vous. Les Carabiniers finissaient deux fois troisièmes derrière Dreux et Saint Brice en 1987, Saint Michel sur Orge et Thionville en 1988. Et l'histoire se répéta. Les efforts du groupe n'étaient pas récompensés et les meilleurs éléments quitteront le club. Toutefois, l'âme Billysienne persista.
La FFHB lançait les restructurations des poules nationales. Les Carabiniers se maintiendront en N2.
En 1991, la stratégie de la formation des jeunes portait ses fruits. Les cadets échouaient en phase finale du championnat de France mais ils se rattrapaient l'année suivante en remportant le titre suprême. Une nouvelle génération était née.
Les CBM assureront l'essentiel durant les saisons suivantes. L'équipe première intégra progressivement ses jeunes pousses.
C'est en 1999 que tous les espoirs revinrent. Le nouveau groupe taillé pour la victoire effectua un magnifique parcours mais échoua aux pieds des marches de l'accession.
Cette même année, les CBM accédaient aux huitièmes de finale de la Coupe de France. Les Artésiens étaient éliminés devant leur public par Chambéry et sa myriade d'internationaux dont Daniel Narcisse et son emblématique entraîneur et ancien barjot, Philippe Gardent.
Depuis 2000, Billy a reconstruit un groupe qui mêle à la fois joueurs du cru et cadres d'expériences. L'équipe première continue son périple en N2. La réserve évolue dans le championnat de pré-nationale et l'équipe 3 a son ticket pour les joutes régionales. De plus, les jeunes prouvent chaque semaine sur les parquets que la source des talents n'est pas encore tarie dans notre région.
Le handball a donné à Billy-Montigny, petite ville de 8300 âmes, une envergure nationale.
L'histoire du handball à Billy-Montigny ne peut pas être évoquée sans celle de son club de supporters. Celui-ci a accompagné les équipes au travers des périodes les plus glorieuses et des plus difficiles de son histoire. Aujourd'hui encore, les supporters perpétuent la tradition en apportant leur soutien et leur aide dans le fonctionnement du Club.
Qui aurait pu croire que tant de notoriété et tant d'exploits pourraient se concrétiser sur le mythique et emblématique parquet de la salle Paul Eluard. Sûrement pas les frères Radajewski ou autres Nita, Cailleret, Debureau, … Tous ces passionnés n'ont fait qu'assouvir sous le maillot blanc et rouge, leur passion d'un sport et marqué leur appartenance à un Club.